Data Story
Comprendre les parcours des jeunes entrepreneurs pour mieux orienter l’accompagnement
La cartographie de 138 jeunes dans six cercles montre comment les profils, les filières et les besoins peuvent guider un coaching réellement différencié.
Avant de conseiller, comprendre les parcours
Un jeune entrepreneur n’arrive jamais dans un programme avec une idée isolée. Il apporte une expérience, un métier, des responsabilités familiales, des relations commerciales et des contraintes propres à son territoire. L’accompagnement gagne en pertinence lorsqu’il commence par rendre cette situation visible.
Dans six cercles du centre du Mali, GRIDAC a cartographié 138 jeunes entrepreneurs, dont 66 femmes. La démarche a couvert Bandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro et Mopti. Elle a permis de regarder ensemble les profils, les activités, les marchés et les besoins de capacité avant de préparer les plans d’affaires et le coaching.
Le portefeuille cartographié en 2023
- jeunes entrepreneurs identifiés et cartographiés
- 138personnessur 165 personnes initialement recensées
- femmes identifiées et cartographiées
- 66personnesle rapport recense également 72 hommes
- cercles couverts
- 6territoiresBandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro et Mopti
Source : rapport de mi-parcours sur l’accompagnement des jeunes entrepreneurs, GRIDAC, 2023.
Une couverture répartie dans six cercles
Nombre de jeunes entrepreneurs identifiés et cartographiés dans chaque cercle en 2023.
Mopti représente le groupe le plus important avec 41 jeunes, devant Bankass avec 30. Les six valeurs totalisent 138 personnes.
| Catégorie | Jeunes cartographiés (personnes) |
|---|---|
| Mopti | 41 |
| Bankass | 30 |
| Djenné | 24 |
| Bandiagara | 22 |
| Douentza | 12 |
| Koro | 9 |
Une cartographie tournée vers la décision
Collecter des informations n’était pas une fin. Chaque question devait aider à décider : quelle formation proposer, quel appui approfondir, quel risque examiner ou quel acteur mobiliser ? L’âge, le sexe ou la localisation prenaient leur sens lorsqu’ils étaient rapprochés du type d’activité, de son stade de développement et des difficultés rencontrées.
Les entretiens ont aussi donné une place au récit du promoteur. Deux activités classées dans la même filière peuvent avoir des modèles très différents selon l’accès aux intrants, la saison, la clientèle ou les moyens de transport. La lecture qualitative permettait de comprendre ce que les catégories seules ne racontent pas.
Les filières sont aussi des territoires
Le centre du Mali réunit des économies agricoles, pastorales, artisanales, commerciales et de services. L’opportunité d’une activité dépend des ressources disponibles, mais aussi des liens entre communes, des jours de marché et des conditions de mobilité. Le diagnostic devait donc éviter de recommander une solution identique partout.
Lire le territoire aide à interroger les hypothèses. Où le jeune s’approvisionne-t-il ? Qui achète, à quel moment et selon quels critères ? Quelle concurrence existe déjà ? Un plan d’affaires plus réaliste naît de ces questions concrètes. Il peut alors servir au pilotage et au dialogue avec un financeur.
L’embouche structure une grande partie des projets analysés
Répartition des 138 jeunes par chaîne de valeur et par sexe déclaré dans les fiches de 2023.
L’embouche rassemble 92 des 138 jeunes cartographiés. Les autres chaînes de valeur comptent chacune entre 2 et 13 personnes. Le total comprend 66 femmes et 72 hommes.
| Catégorie | Femmes (personnes) | Hommes (personnes) |
|---|---|---|
| Échalote | 6 | 7 |
| Embouche | 40 | 52 |
| Balanitès | 5 | 2 |
| Fonio | 9 | 3 |
| Riz | 5 | 7 |
| Sésame | 1 | 1 |
Rendre visibles les besoins des femmes
La présence de 66 femmes dans les 138 parcours impose une lecture qui dépasse le simple taux de participation. Accès à l’équipement, disponibilité, mobilité, propriété des actifs et place dans les réseaux économiques peuvent modifier les conditions d’exercice d’une activité. Les identifier aide à adapter le calendrier, le lieu et le contenu de l’accompagnement.
Cette attention ne consiste pas à présumer que toutes les femmes rencontrent les mêmes obstacles. Elle invite à documenter les situations, à écouter les priorités et à repérer les leviers propres à chaque parcours. Le coaching peut alors travailler sur la décision économique tout en tenant compte des conditions qui la rendent possible.
De la donnée au parcours d’accompagnement
Une fois les profils compris, les constats doivent devenir une séquence. Un besoin de gestion peut conduire à un exercice sur la caisse ; une difficulté commerciale à une enquête de marché ; une dépendance à un fournisseur à la recherche d’alternatives. Le plan d’affaires rassemble ces choix, mais le coaching vérifie leur utilisation.
GRIDAC a ainsi relié cartographie, études de faisabilité, plans d’affaires et suivi de proximité. L’intérêt de la chaîne tient à la continuité : l’information recueillie au départ oriente l’appui, puis les observations du terrain corrigent les hypothèses.
Trois enseignements pour les programmes
D’abord, un portefeuille ne se résume pas à une moyenne. Les différences de filière, de territoire et de parcours doivent pouvoir influencer les activités proposées. Ensuite, la collecte est plus utile lorsque ses variables correspondent à des décisions d’accompagnement clairement identifiées.
Enfin, la restitution compte. Expliquer aux jeunes comment les informations orientent le parcours renforce la confiance et leur capacité à participer aux choix. La cartographie devient alors le premier acte d’un accompagnement différencié, et non un questionnaire placé avant le travail réel.