Programme ou cadre partenaire

PASARC II/CCC — entrepreneuriat, ressources et cohésion

Dans le centre du Mali, GRIDAC a relié accompagnement entrepreneurial, structuration des organisations professionnelles et connaissance des tensions autour des ressources naturelles.

StatutAchevé
Période2018–2025
TerritoiresBankass, Cercle de Bandiagara, Cercle de Douentza, Cercle de Mopti, Djenné, Koro, Ténenkou, Youwarou
ThématiquesAgriculture et chaînes de valeur, Données pour le développement, Jeunesse et résilience économique, Prévention et gestion des conflits

Approche

Le parcours associait diagnostic individuel, analyse du marché, calcul des besoins, formulation d’un modèle économique, préparation au financement et suivi après la formation. Les ateliers sur l’embouche, la transformation, la microfinance rurale, le réseautage et le commerce électronique répondaient à des besoins concrets des jeunes. La collecte numérique et les échanges réguliers avec les acteurs locaux permettaient d’ajuster l’accompagnement aux réalités des six puis huit cercles couverts.

Un cadre de résilience devenu terrain d’action économique

Le PASARC II a été reconduit pour une phase de cinq ans, de 2018 à 2023, afin de renforcer la sécurité alimentaire et la résilience des populations face aux crises climatiques et sociales dans le centre du Mali. Mis en œuvre par Near East Foundation avec l’appui de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, il associait développement des chaînes de valeur, opportunités d’emploi et gestion des facteurs de vulnérabilité.

GRIDAC est intervenu dans ce cadre sur plusieurs missions successives entre 2020 et 2023, puis sur la composante de gestion collaborative des conflits et des ressources naturelles d’avril 2024 à janvier 2025. Cette continuité a relié deux sujets souvent traités séparément : la capacité des jeunes et des organisations à faire vivre une activité économique, et la capacité des acteurs territoriaux à comprendre les tensions qui pèsent sur les ressources et la cohésion.

Transformer une idée d’activité en décision économique

Les missions entrepreneuriales commençaient par l’information des autorités, des services techniques et des jeunes dans les communes concernées. Les animateurs identifiaient ensuite les porteurs d’initiative et documentaient leur profil, leur activité, leurs revenus, leurs besoins de formation et de financement. La collecte mobile permettait de consolider les informations par cercle, par genre et par chaîne de valeur.

Le coaching ne se limitait pas à rédiger un dossier. Il passait par l’analyse de l’idée, l’étude de faisabilité technique et économique, l’identification des risques, le calcul des besoins, la construction du plan d’affaires et la préparation au financement. Des restitutions individuelles permettaient aux jeunes de comprendre les choix retenus et d’utiliser le plan comme un outil de conduite de l’activité.

150jeunes accompagnés, dont 75 filles et femmes
203plans d’affaires élaborés
125plans retenus, dont 62 portés par des filles et femmes
39jeunes engagés dans un processus de financement

Des parcours différenciés selon les filières

Les activités recensées relevaient notamment du riz, du fonio, du sésame, de l’échalote, du balanitès, de l’embouche, de la transformation et de la commercialisation. Cette diversité imposait de sortir d’une formation entrepreneuriale uniforme. Un projet d’embouche doit raisonner le cycle d’achat, l’alimentation, les soins et le moment de vente ; une activité de transformation doit maîtriser la qualité, les pertes et le conditionnement ; une activité commerciale doit mieux connaître ses clients, ses marges et ses canaux de vente.

Les supports sur la microfinance rurale, la conservation, la transformation, la commercialisation, le réseautage et le commerce électronique ont complété le conseil individuel. Ils donnaient aux entrepreneurs des repères concrets pour comparer une offre de crédit, tenir des outils de gestion, présenter leur activité et développer leurs relations commerciales.

Accompagner aussi les organisations socioprofessionnelles

Le programme concernait également l’entrepreneuriat collectif. En 2021, GRIDAC a engagé l’identification et la cartographie numériques d’organisations socioprofessionnelles partenaires dans huit cercles. Le travail portait sur l’histoire et la composition des groupements, leurs activités, leurs besoins de formation et de financement, puis sur la préparation de plans d’affaires, de production et de commercialisation.

Cette approche permettait de relier les ambitions du groupement à sa capacité réelle : gouvernance interne, volume de production, accès aux intrants, organisation du travail, débouchés et risques. Les plans devenaient ainsi des cadres de discussion entre membres, et non des documents isolés de l’activité collective.

De la cartographie des entreprises à celle des tensions

La composante CCC a prolongé la culture de la donnée territoriale sur un autre enjeu : les conflits liés aux ressources naturelles. Dans huit cercles et trente communes, GRIDAC a contribué à construire un dispositif associant deux questionnaires numériques, une base centralisée, des outils d’analyse et des plateformes locales d’observation. Les points focaux ont été formés à la collecte mobile, au contrôle des informations et à leur transmission.

L’objectif n’était pas de produire une base pour elle-même. Les données devaient soutenir les rencontres d’information, la lecture collective des tendances et le suivi des recommandations. Le dispositif distinguait donc la saisie d’un fait, sa consolidation, son interprétation et sa discussion avec les acteurs responsables de la gestion locale des ressources.

Une présence organisée au niveau des cercles

Pour les missions de coaching, GRIDAC a déployé des animateurs chargés de maintenir le lien avec les jeunes, les organisations, les autorités communales et les services techniques. Ce maillage rendait possible un suivi qui ne s’arrêtait pas aux ateliers : restitution des plans, orientation vers des formations qualifiantes, mise en relation avec des acteurs financiers et observation des difficultés rencontrées dans l’activité.

Pour l’Observatoire, le même principe de proximité s’est traduit par des points focaux et des plateformes couvrant Bandiagara, Bankass, Douentza, Koro, Mopti, Djenné, Ténenkou et Youwarou. La collecte active, lancée le 16 janvier 2025 après révision des formulaires, a constitué le passage de la préparation technique à l’observation de terrain.

Ce que cette expérience a consolidé

La succession des missions montre l’intérêt d’une chaîne complète : mobiliser, observer, analyser, restituer, accompagner une décision et revenir sur sa mise en œuvre. Pour les entrepreneurs, cette chaîne relie le profil au plan d’affaires puis au coaching. Pour les organisations, elle relie la cartographie des membres à la planification de la production et de la commercialisation. Pour l’Observatoire, elle relie un relevé local à une discussion territoriale.

GRIDAC en retient qu’un outil devient utile lorsque ses utilisateurs savent quelle décision il doit éclairer. Un questionnaire, un plan d’affaires ou un tableau de bord prend sa valeur dans l’accompagnement qui permet de le comprendre, de le corriger et de l’employer.