Rapport

Rapport final — Observatoire des conflits et des ressources naturelles

Les enseignements du cycle de collecte et d’animation consacré aux tensions autour des ressources naturelles.

Publication
2025
Langue
FR
Thématiques
Données pour le développement, Gouvernance et ressources naturelles, Prévention et gestion des conflits, Technologies pour le développement
Territoires
Bankass, Cercle de Bandiagara, Cercle de Douentza, Cercle de Mopti, Djenné, Koro, Ténenkou, Youwarou

Résumé

Lire les dynamiques territoriales, améliorer les instruments et soutenir le dialogue entre acteurs locaux.

Observer pour mieux dialoguer

Le rapport final présente le cycle de collecte et d’animation de l’Observatoire des conflits et des ressources naturelles dans huit cercles du centre du Mali. Le dispositif couvre trente communes et porte sur les tensions liées notamment aux ressources pastorales, agricoles, halieutiques et forestières.

GRIDAC a accompagné une chaîne qui va du questionnaire à la restitution locale. L’enjeu était de produire une information suffisamment structurée pour être analysée, tout en maintenant le lien avec les acteurs capables d’expliquer les situations et d’agir dans les territoires.

Deux instruments complémentaires

Deux questionnaires ont organisé la collecte. L’un documentait les conflits et leurs caractéristiques ; l’autre décrivait les ressources naturelles et les facteurs qui influencent leur accès ou leur gestion. Cette séparation facilitait la saisie tout en permettant ensuite de rapprocher les événements de leur environnement.

Les formulaires ont été déployés avec KoboToolbox pour soutenir le travail mobile et hors connexion. Des règles de saisie, des identifiants et des contrôles de cohérence limitaient les erreurs et facilitaient la consolidation.

Une couverture de huit cercles

Bankass, Bandiagara, Djenné, Douentza, Koro, Mopti, Ténenkou et Youwarou présentent des dynamiques différentes. Le dispositif devait conserver un socle commun pour comparer les informations sans effacer les particularités communales et les explications des acteurs locaux.

L’organisation des enquêteurs, la planification des déplacements et le suivi des transmissions ont été adaptés à ce périmètre. Le démarrage de la collecte active le 16 janvier 2025 a ouvert une phase de vérification régulière entre terrain et coordination.

De la collecte à l’analyse

Les données saisies ont été centralisées, contrôlées et préparées pour l’analyse. PostgreSQL, Metabase et Power BI ont soutenu différentes fonctions : structuration, exploration et visualisation. La technologie formait ainsi une chaîne au service des questions posées par l’Observatoire.

Le contrôle de qualité recherchait les doublons, incohérences de dates, valeurs manquantes et catégories mal utilisées. Le retour aux équipes permettait de corriger, de préciser une définition et d’améliorer les collectes suivantes.

Restituer aux plateformes locales

Une donnée sur un conflit demande une interprétation prudente et contextualisée. Les restitutions aux plateformes locales permettaient de confronter les tendances aux connaissances des acteurs, de comprendre les évolutions et d’identifier les sujets qui nécessitaient un dialogue.

Cette circulation renforçait la fonction de l’Observatoire : rendre les informations accessibles à la décision plutôt que les laisser dans une base. Les tableaux de bord servaient de support à la discussion, tandis que les acteurs locaux apportaient les nuances nécessaires.

Les enseignements du cycle

Le rapport montre qu’un observatoire repose autant sur sa gouvernance que sur ses outils. Définitions partagées, responsabilités de validation, protection des informations sensibles et calendrier de restitution déterminent la confiance accordée aux résultats.

L’expérience met aussi en évidence la valeur d’une boucle courte entre collecte et usage. Plus les équipes voient comment les informations sont analysées, plus elles peuvent améliorer la précision. Plus les plateformes disposent de restitutions régulières, plus elles peuvent relier l’observation aux mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits.